dimanche 30 juin 2013

Métro parisien, les codes; on ne sourit pas on gueule.


Une histoire singulière ? Voire ! Dix heures du matin, Paris, le métro. De bonne humeur, Jean Baptiste Rumelier rend à son travail, redevenu en quelque sorte "humain" par un effet-traîne de vacances dont il revient de la veille. Las, comme nous l'allons voir, ça ne pardonne pas. D’abord, en entrant dans la rame, il lance un "bonjour" sonore, ce qui est de la plus grossière incorrection.. avant d’aller s’asseoir en s’excusant de bousculer involontairement des usagers, ce qui évidemment est extrêmement louche. Puis, il aggrave son cas en laissant son siège à une personne âgée et pire, un peu plus tard, en donnant le journal gratuit qu’il a lu. La tension monde, la foule gronde silencieusement devant un tel irrespect des codes. Tout explose quand une jeune femme s'excusant de lui ayant marché sur les pieds, il lui répond aimablement "Ce n’est rien du tout, voyons". C’est alors que devant un comportement si incompréhensible, les gens alertent les services d'intervention d'urgence de la RATP ; Jean Baptiste est illico serré et placé en garde à vue. La police salue la réaction prompte et maîtrisée des usagers. "Dans un contexte marqué par le terrorisme, certains comportements apparaissent plus suspects que d’autres, ce qui permet de rapidement localiser ces individus." (Mmm ?!?! les poseurs de bombes pourtant sourient rarement avant de lâcher leur truc ou de se faire sauter avec.)
 
Extrêmement révélateur d’une société urbaine à la fois candide et parano, déshumanisée qu'on dit. Dans le métro, on ne sourit pas, on se rencogne dans sa décrépitude, le regard vide ; on ne voit pas les autres et surtout on n’intervient pas ; on regarde seulement les pub qui défilent, et si on vous marche sur les pieds, on gueule. Ce sont les codes à connaître impérativement et à pratiquer dans toute société civilisée. Non mais ! Un dangereux marginal qui de retour de vacances, (sans doute à l'étranger, par exemple en Afrique) était redevenu humain, saluant, laissant sa place, ne protestant pas lorsqu'on lui écrasait les orteils etc... Ça ne pardonne pas = garde à vue et sans doute expertise psychiatrique, les flics saluant la rapide réaction des passagers, bons citoyens efficaces.



Le pire est qu'il a dû faire amende honorable en soulignant que juste revenu de vacances, en somme, il n’était plus tout à fait adapté au monde dans lequel il vivait. Désolé, le prochain coup, je ferai tout comme il faut.



vendredi 10 mai 2013

La société de gourous, castes et sous castes dans un groupe social restreint



Il est finalement normal que dans un groupe social restreint (et même en général) fréquentations et "solidarités" s’exercent exclusivement en fonction de castes étanches : lorsqu’on déroge ou surroge (moins en ce cas), on démolit une structure de générations et générations qui "satisfait" -relativement- exploités et exploiteurs (complexe de Stockholm d’un côté, évidence logique de l’autre) structure qui semble pérenne, naturelle, indestructible -et tout changement inquiète-. (Or en réalité cette structure est fragile.) Si bien que les exploités de "caste" qui ne se défendent pas eux-mêmes (sans quoi ils ne le seraient pas) ne vont pas aider ceux qui les défendent.. j'entends les aider à les défendre, (sans quoi, redite, ils ne le seraient pas) et les exploiteurs, eux, vont dézinguer ceux (de la même caste qu’eux parfois) qui risquent de les abattre.

Dans une certaine mesure, on n’aide que ceux qui s’aident eux-mêmes*, fût- ce sans succès, fût-ce seulement qui le tentent. Se trouver en première ligne, sous deux feux opposés, c’est ce qui arrive lorsque l’on aide ceux qui ne s’aident pas. A cela s’ajoute que les exploités de caste, s’expriment avec d’innombrables digressions et omissions rendant la compréhension de leur discours pénible. Donc la plupart du temps, on aide que ceux qui peuvent plus ou moins renvoyer l’ascenseur. Cela aussi est normal : les exploités de caste (disons pour simplifier les "sans caste") semblent souvent décevants, c'est normal: maladroits, ils considèrent parfois que seuls ils méritent l’attention sans avoir l’idée que cela puisse provisoirement être l’inverse, surtout lorsqu'en raison même de leur lutte en leur faveur, certains se trouvent aux prises avec leurs pairs qui ne leur pardonnent pas leur "trahison". Aider quelqu’un qui s’aide est facile, aider quelqu’un qui sans s’en rendre compte aide son exploiteur est difficile.

Les sans caste maintenus dans cette situation au départ par l’école (les orientations après le CM2 ou la 5ième s’effectuent en fonction de la caste de l’élève et non de son niveau, orientations contre laquelle les parents ne protestent que rarement, -si le prof le dit c’est que c’est vrai, lui il sait-) sont de fait dirigés vers des professions sans avenir voire vouées au chômage et leur instruction sommaire ne les armera pas pour la lutte pour de meilleures places, bien au contraire, elle les "armera" (!) pour des travaux non qualifiés. L’école est ainsi une machine de reproduction des inégalités, un outil  de conversion réversible de caste en diplôme et de diplôme en caste.

Tout est verrouillé : car de surcroît les sans caste, au-delà de l’instruction et la "culture" qui leur fera défaut, n’auront pas acquis les codes sociaux tout aussi importants, postures, discours, logos : ils seront ainsi handicapés pour leur "réussite".. même en cas d’exception, par exemple des surdoués qui sont passés entre les mailles, ou malgré leur manque de diplômes, pourraient parfaitement réussir à sauter de leur caste. La survalorisation paradoxale du diplôme et de la réussite sociale les fonde aussi à la crédulité vis à vis de ceux qui les possèdent (alors même qu’ils sont souvent conscients d’avoir été injustement empêchés d’étudier.) Un prof, un avocat, voire même un huissier, un policier, n’importe qui en imposant, en bluffant parfois, en fait, SAVENT, croient-ils : eux, non. Mais surtout ils ont rarement l’idée de se renseigner eux-mêmes : inutile puisqu’il y en qui savent. Souvent, ils n’ont pas davantage l’idée que l’on puisse volontairement les tromper, profiter de leur ignorance (normale en bien des cas, mais qui peut être aisément palliée), que l'on peut les dévaloriser pour les maintenir dans leur situation ; la morale qu’on leur a inculquée les amène à croire que tous se conduisent avec la même la probité qu’eux.. y compris lorsque tout démontre le contraire. 

Il est remarquable dans les cas extrêmes que ce défaut de connaissance (de lecture et de manipulation) des codes les conduise à se fier à qui manifestement les exploite (peu ou prou) et, pire, se défier de ceux qui les soutiennent. Ayant dérogé, ceux-là se sont "abaissés".. et de fait, pour eux, ne sont pas plus fiables qu’eux-mêmes ; le défaut de confiance en eux des sans caste s’étend à ceux qui les côtoient. C’est ainsi qu’ils identifient souvent à rebours amis et ennemis, se défiant des premiers et se soumettant aux seconds ; ceux-ci en jouent, dézinguant leurs soutiens et leur faisant croire à un isolement qui n’en est pas un. Se méfiant ainsi de tous, fragilisés, ils seront contraints d’accorder leur confiance seulement à ceux… qui les exploitent, ceux qui précisément les ont conduits à se méfier de tous (sauf d’eux évidemment) : un gourou, (parfois un époux) ou plus généralement des "spécialistes".. payants. La société de caste est une société de gourous.  

Leur code de référence est le paternalisme, jamais l’égalité. Ce défaut d’évaluation (même purement pragmatique) des gens et des situations aboutit parfois à des situations cocasses : tout ceux qui les touchent étant dévalorisés, quand les "autres", même aimables (relativement) mais plus lointains sont portés aux nues, l’un d’eux, parlant à ami proche (auteur connu) lui dira au sujet d’une relation hautement appréciée (quelqu’un qui en fait se sert de lui et qui, malgré la faiblesse de sa situation, lui en impose au maximum)… qu’il est resté très "simple" malgré tout (!)… et, lorsque l’ami observera que l’autre lui semble un imbécile prétentieux, il s’entendra répondre "mais c’est qu’il est tellement sollicité qu’il se méfie au début mais après, quand on le connaît..  et puis il a fréquenté des milieux très élevés dans son pays alors c’est normal que par rapport à d’autres etc.." (!) Inversion des "importances sociales", ici, le cas est fréquent.

Une famille que ces castes : où parmi les "enfants", l’un choisit les sciences, la philosophie, l’art, l’autre, le droit, la politique ou les affaires (le tout se superposant la plupart du temps).. famille qui va se retrouver soudée en cas de pépins (du reste rares car la caste en général met les siens à l’abri) et donc se défendre efficacement… tandis que dans l’autre, on "opte" (en fait, on est contraint d’opter) pour des tâches de faible qualification (générant un sentiment fautif d’échec, d’impuissance et d’isolement) où en cas de pépins (fort nombreux et parfois dramatiques car pour eux, tous les coups sont permis) on se retrouve désarmé contre l’exploiteur. Dans le système, tous savent qui ils peuvent brimer impunément… et qui ils ne le peuvent sans y perdre plus de plumes qu'acquérir de bénéfices… Les premiers sont au premier rang, les autres à l’abri. Tout est d’abord "dans la tête", dans ce sentiment fautif d’isolement, d’impuissance et de peur. Car la loi est en principe bien faite et souvent efficace (il demeure que cela dépend des juges et que parfois ceux-ci, faisant parti de "la" caste, peuvent agir en fonction des intérêts de celle-ci.) Ce n’est pas le cas général. 

Le paradoxe est que parfois la surestimation de ceux qui les aident, chez les sans caste, va de pair avec leur trahison involontaire, c’est même un cas assez fréquent. Ainsi lorsque le combat est "gagné", ou en voie de l’être, certains, qui ont cependant bénéficié autrefois peu ou prou de ces interfaces têtes de bélier, peuvent se désintéresser de la "suite" de leur bagarre… tout en affichant une admiration (sincère !) pour eux. Ils ont plongé, se sont mouillés, ("ça" a marché, ouf).. mais se sont enrhumés… On ne va pas leur tendre une serviette pour autant. Ils sont tellement admirables qu’ils n’en ont pas besoin. Quant à participer à un autre combat (pour une autre affaire) à quoi bon ? ils sauront bien s’en sortir seuls, ils l’ont prouvé. De là à les trahir (c’est rare mais cela arrive) il n’y a qu’un pas. A présent que leur propre affaire est réglée, c’est chacun pour soi. Conclusion : aider quelqu’un qui ne s’aide pas, est-ce s’en faire un ennemi ? Non, mais c’est parfois devenir une statue sur piédestal dans un jardin exposée à toutes les intempéries, ce qui n’est guère plus enviable.

Cela explique la désolidarisation, parfois, des exploités (y compris lorsqu’ils font parti de castes intermédiaires) : un tel qui par exemple a besoin d’une attestation (un petit hiérarque ayant obstrué illégalement une fenêtre sienne afin d’agrandir sa surface constructive) se la verra refuser alors même que tous s'en souviennent parfaitement.. mais si un (seul) accepte, il arrive que s’ensuive de sa part.. une mise à distance avec celui-ci! Paradoxal ? Non : celui qui en a bénéficié se verra souvent proposer quelque avantage s’il renonce à son droit, et s'il y consent, c’est l’attesteur qui prendra le feu à sa place (sans même qu’il ne le sache ou ne s'en doute). En ce cas, oui, aider quelqu’un (ou plutôt la justice) c’est, non pas s’en faire un ennemi, mais perdre un ami. 

Il n'en demeure pas moins qu'il faut le faire.


* Ainsi un huissier ayant refusé d'assigner en référé une mairie et constatant qu'un confrère l'avait fait observe-t-il "qu'il avait sous estimé Mme X." (la personne qui voulait assigner la mairie)... ce qui signifie clairement qu'il avait cru avoir affaire à quelqu'un de fragile (donc qu'il refusait d'"aider", en le cas il ne s'agissait même pas d'aide mais de devoir professionnel) mais qu'à présent qu'il se rendait compte de son erreur, tout était changé. CQFD.  

mercredi 3 avril 2013

Les prémusés qui nous gouvernent. Cahuzac, oscar du meilleur acteur


 Des scénars possibles. Un film à tout casser. On a ici une magnifique brochette de gros poissons. Une question : pourquoi choisissons nous presque toujours des crapules pour nous gouverner? C'est nous aussi qui sommes responsables. Ce sont les esclaves ou les imbéciles qui font les tyrans et les salopards. Et nous le sommes tous peu ou prou, imbéciles. C'est humiliant mais c'est ainsi. C'est le complexe de Stockholm "étendu"? Social? 

Il semble en effet que les crapules rassurent, tandis que les purs inquiètent. Le mythe de Saint Just, Robespierre sur fond de guillotine. Ils sont capables croit-on, de nous juger et de nous condamner. La société est celle de la culpabilité, inculquée à eux qui justement ne sont coupables de rien, qui vont opter pour ceux qui, étant donné leur passif, ne risquent pas de leur reprocher quoi que ce soit (car il est faux de dire que nous "ne le savions pas", après d'infinies histoires et les évidentes complicités politiques de bords soi disant opposés, nous ne pouvons ignorer à qui nous avons affaire en général, même si les hiérarques se se dénoncent parfois pour que l'os soit plus gros à ronger..) Une crapule rassure toujours (et fait peur en même temps) parce qu'elle est puissante ou parce qu'elle va le devenir.. et peut-être rendre tel par ricochet. Une erreur évidemment car ce sont justement ceux qui ont le plus à se reprocher qui seront les plus impitoyables pour la piétaille qu'ils vont pressurer avec d'autant plus de violence. Les plus âpres à défendre leur butin ou leurs "droits" (un peu étendus) sont précisément les escrocs voire les criminels et c'est normal : en règle générale s'ils ont contrevenu allègrement au droit des autres, c'est parce qu'ils se souciaient pas. (Voir le "Journal d'un salaud" -lien-.) Cela vaut pour les ministres comme pour les truands. Cahuzac, pratiquant à vaste échelle la fraude fiscale, était, d'après Gérard Filoche, l'un des plus dur en ce qui concerne les restrictions des budgets sociaux (et sans doute est-ce la raison pour laquelle Hollande l'avait choisi.) Par exemple au tribunal d'Alès, alors que délinquant et victimes attendaient côte à côte (ce qui par parenthèse est malsain) dans la salle une audience qui tardait, lorsque le greffier, gêné, vint annoncer un retard d'une demi heure encore, ceux qui s'insurgèrent le plus fort furent précisément des jeunes caïds et leur clique et non les victimes ("inadmissible, on se foutait de leur gueule, ils avaient à faire (!) et allaient ainsi perdre la journée" etc..) 



Cela se voit à tous les niveaux : un gus qui a peut-être illégalement enclos une sente publique de trois mètres n'osera pas prendre position contre un propriétaire terrien qui lui a carrément barré un chemin desservant un village etc.. de peur qu'on lui reproche ce à quoi plus personne ne pensait.


"Sea sexe and sun ou des charters de matériel". 
DSK, le plus célèbre, ex futur président: 
prélumé innocent (proxénétisme et viol).. 




"L'argent de la vieille". Sarko : Président : prémisé innocent d'abus de faiblesse sur une riche veuve qui n'a plus l'électricité à tous les étages (ça ressemble un peu à proxénétisme)

"Les Lancelots du lac ou ça va péter Mimile". La brochette de valeureux chasseurs de roms (les roms profiteurs de notre beau pays).. au centre, un autre prémusé, celui-là, cracheur.. et en filigrane, la bombe de Karachi (14 morts tout de même)..


"L'acteur." Cahuzac, ministre du budget, de gauche prôneur d'austérité célacrise : prémusé innocent lui aussi mais de fraude fiscale, quelques petits millions d'euros qui se baladent quelque part, de corruption (payé par des labos pour faire de la propagande de médocs) and so on.. Une époustouflante prestation d'acteur, un air de sincérité, une prestance et une fermeté en mondiovosion "je ne possède pas, je n'ai ja-mais possédé de comptes à l'étranger" et attaquerai quiconque kikekoi etc.. Tout à fait convaincant (une reconversion possible, le théâtre). Emblématique, un quasi record, seul peut être DSK le dépasse car le cul intéresse toujours plus de monde que le fric (tout le monde en a un, contrairement à l'autre.) Notons qu'il avait déjà été condamné mais sans inscription au casier judiciaire pour avoir employé au noir une femme de ménage philippine dans sa clinique. Qui vole un œuf..? La plupart du temps les proverbes sont des clichés fautifs mais ici ça colle.

samedi 30 mars 2013

Belle Marquise, vos beaux yeux me font mourir etc... Culture, snobisme, cuistrerie, sur le fil du rasoir

Suite de (lien)

 Une histoire loufoque et révélatrice, pas une première d'ailleurs, sous une forme un peu différente (lien avec Jean Baptiste Botul). Un prof (calé du net), pour piéger ses étudiants, inventa de toutes pièces un personnage littéraire du 17ième, une certaine Marquise Aurore de Léthé -"oubli" en grec, il avait codé son nom sans que personne ne s'en aperçût- injustement "oubliée", écrivain remarquable pourtant et muse de nombreux poètes dont l'un lui aurait dédié une ode qui à l'époque aurait fait scandale tant par sa teneur que par la forme très libre de sa versification... ainsi donc Jolard, Clauder et toute la vieille garde l'avaient éreintée tandis que des auteurs plus courageux comme Michelis, âprement -mais sans succès- défendue.. Ce ne fut pas moins que la naissance d'un éphémère mouvement libertaire qui un siècle après avec les "lumières" conféra à la littérature et même à la poésie un sens qui etc.. bien que tant l'Ode que la Marquise fussent trop souvent ignorés des manuels littéraires (!) par la suite etc etc... Le portrait d'une anonyme fit l'affaire, la muse avait même un visage, une histoire et un engagement, féministe bien sûr. Il était donc essentiel lorsqu'on se targuait de culture ou de féminisme, de ne pas oublier cette figure qui... etc..

Pour lui donner corps, il supposa que la belle Aurore était morte à 29 ans, mise à l'écart par la "cabale" au point que personne ne se souvenait d'elle le siècle suivant. Le net inondé de fausses références volontairement floutées, il donna à ses étudiants un devoir sur la poétique au 17ième et go... tous sans exception mentionnèrent fidèlement la belle Marquise, son essai (!) et l'Ode aux yeux d'or dont les plus culottés firent même une critique élogieuse, "une novation libertaire qui avait été à l'origine du renouveau de".. etc.. (!).. une "Ode" qui n'existait pas plus que la muse pour qui elle aurait été écrite, un auteur qui n'existait pas davantage et un "mouvement" totalement fabriqué. 

Il avait atteint son but: montrer qu'entre culture, snobisme, cuistrerie et imposture, on est sur le fil du rasoir.

samedi 9 mars 2013

L'art d'un best seller, Iacoub, Anne Sinclair et DSK









L'arroseur arrosé, ça plaît toujours



L'ART DE FAIRE PARLER LES GENS, 
LE COMPLEXE DE YACOUBGO

Marcela Iacoub (après un livre dans lequel elle défend DSK pendant "l'affaire", DSK dont elle est devenue -forcément- la maîtresse) au téléphone:
- Allo? Anne Sinclair?
Anne Sinclair : 
- Oui.
- Marcela Iacoub. Dominique vous a prévenue je pense. Ravie de vous avoir au téléphone..
- Moi aussi. Je voulais depuis longtemps vous saluer pour le courage dont vous avez fait preuve dans votre livre, assez rare en ces circonstances. Vous en avez sans doute pris plein la figure ma pauvre amie.. Merci.
- Je n'aime pas hurler avec les loups.. et n'ai fait que dire ce que je pensais... ce que la logique aurait dû emporter... mais hélas..
- Oui, la meute suit toujours ceux qui crient le plus fort.. et je déplore que vous n'ayiez pas été aussi entendue que ceux qui après nous avoir flagornés, nous ont déchirés à la curée en se disputant les morceaux.
- Le livre s'est vendu moyennement. La jalousie aussi...
- Sans doute. Dominique a une telle personnalité, j'irais jusqu'à dire un tel charisme mais vous allez rire..
- Pas du tout. Mais vous n'êtes pas pour rien dans ce charisme comme vous dites. J'aimerais beaucoup vous voir d'ailleurs si vous avez un peu de temps pour moi; le point de vue d'une femme, de la femme de celui qui est voué aux gémonies avec une telle ferveur manque évidemment dans mon livre, je n'ai pas voulu vous le demander avant. Même dans une louable intention, me faire l'écho de ceux qui vous poursuivaient n'est pas mon truc...  C'est à présent une question d'école en somme, un point d'orgue qui sera pour moi le finale d'une réflexion qu'il m'avait semblait nécessaire d'écrire pour rétablir la vérité et.. si peu que ce soit, la justice, pour ma propre compréhension en quelque sorte..
- Avec plaisir. Je vous dois bien cela.
- Pas du tout, je le répète, vous ne me devez rien..
- Disons alors que j'aurais plaisir à vous voir une heure autour d'un thé. J'aurais dû vous le proposer moi-même du reste mais comme vous l'avez saisi, je voulais tant que l'on m'oublie un peu, même des amis.. 
- Je vous en remercie infiniment..
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Deux jours après:
MI : - Je vois à quel point ces événements qui n'ont pu que vous toucher, vous transpercer, semblent aussi, c'est une forme d'élégance ou plutôt de résistance, n'avoir laissé sur vous aucune trace.. 
AS : - Résistance, oui, c'est le mot. Mais un peu de comédie aussi vous savez, on est dans la tempête, il faut faire face. Les aléas d'une position.
MI : - Comme votre grand père !
AS : - Non; mais il y a toutes sortes de combats..
MI : -Je ne sais pas si parfois le sordide n'est pas aussi traumatique qu'un engagement périlleux, évident et in fine, glorieux..
AS : - C'est vrai; la bassesse de ces bagarres d'argent d'arrière salle car c'est là le noeud du problème évidemment, du quotidien dans son aspect le plus immonde est effroyable, on ne peut même pas...
MI : - Sublimer.. ?
AS : - C'est cela. On est en pâture, comme une chèvre attachée qui attend le dernier coup.. on ne sait d'où il va venir mais on sait qu'il va venir. Trahie de partout. Et il faut donner le change, sourire.
MI : - Vous avez cependant réussi à en faire quelque chose d'autre, de grand, si si.. savez-vous, la plupart des gens, surtout des femmes, vous admirent?
AS : - Et me plaignent.. Toutes ont vécu des choses de ce genre, je suis devenue une sorte de pitoyable symbole que je déteste.
MI : - Non, vous vous trompez, j'ai bien dit "admirent". Il en va autrement pour Dominique évidemment.. 
AS : - Il est solide mais sans des gens comme vous, comme d'autres aussi car tout de même il y en a eu, eussent-ils été parfois maladroits comme ce pauvre Bernard-Henri, je ne sais pas si... 
MI : - On vit à une époque étrange où le féminisme qui nous rassemble, chez certaines, se rapproche fâcheusement du puritanisme victorien...  
AS: - Nous en avons fait les frais; sous couvert de libération, contrairement à ce que l'on aurait pu penser, des femmes en deviennent... comment dire ? Corsetées, coincées... et les autres suivent.
MI : - J'irais jusqu'à dire coincées du cul.. (rires)
AS : - La sphère privée semble avoir éclaté, n'importe qui s'arroge le droit d'entrer dans la chambre à coucher de n'importe qui... d'en juger en procureur et d'en gloser en technicolor ensuite..
MI : - Peut-être pas de n'importe qui. De gens qui ont de la prestance. Connus, talentueux. Qui font vendre les journaux.
AS : - Il y a des jours où je voudrais être une paysanne cévenole dans un bled perdu.. Pouvoir séduire mon valet de ferme sans que personne n'y trouve à redire, ou vice versa.
MI : - Je vous comprends. Cette mise en lumière constante.. et comme vous dites, en technicolor, je l'ai vécue aussi, moindrement, après la sortie de mon livre et j'ai vu combien ça érode..
AS : - Regardez : si Diallo avait été faite comme une top model, on aurait accusé Dominique d'être un horrible satyre profiteur d'une pauvre fille.
MI : - Et comme elle est moche, on l'accuse d'avoir mauvais goût..
AS : - Et d'être une bête de sexe alors qu'il est simplement comme tout le monde; quoiqu'on fasse, c'est utilisé.. Toujours. Nous n'avons pas droit à l'erreur, l'erreur, on la crée pour nous, l'erreur, c'est ce que nous faisons, l'erreur, c'est nous. J'irais jusqu'à dire que c'est une forme de racisme.
MI : - Tout à fait. Si elle avait été une actrice connue genre sex symbol, on aurait dézingué Dominique par jalousie.. Imaginez ! Se faire sucer par Angelina Jolie, vous voyez les titres. C'aurait peut-être même été pire.
AS : - Exactement. Quoique l'on fasse on est en tort.
MI : - Et comme elle n'est pas Angelina Jolie mais une femme de ménage, on l'accuse de l'avoir violée.. Ou on le vilipende, qu'on ne dise pas le contraire, surtout pour s'être fait piéger par une passade ancillaire.. Il aurait pu et dû trouver mieux. 
AS : - Au 21ième siècle. C'est bien révélateur de cet esprit de caste d'un certain humanisme caviar. Bon sang, on n'en est plus là tout de même, il n'y a aucun mal à se faire sucer par une femme de ménage à la fin. Ces journaux hypocrites s'indignant que Dominique ait dérogé à la règle immuable qui les régit.. font de cet acte banal une honte pharaonique justement parce qu'elle est une simple soubrette ; c'est hors temps, stupide et odieux.
MI : - C'est un paradoxe, l'idéologie resurgit là où on l'attend le moins.

LE TOUR EST JOUE, ELLE L'A DIT YAPLUKA

MI, dans le livre qu'elle est en train d'écrire après avoir piégé Strauss Kahn et qui fera un best-seller relate (100 000 E d'avance sur recettes, ça s'appelle comme ça) :"Elle (Anne Sinclair) m'a dit 'il n'y a aucun mal à se faire sucer par une femme de ménage' et j'ai alors senti que pour elle les gens se divisaient en deux castes, celle des maîtres du monde dont elle fait partie et les autres. Ca m'a fait froid dans le dos.." 
Illustration, le  prix d'un/e auteur/e

Marcela n'est pas seule à la manip et la sienne est moins grave que celle de "scientiques", cf les 4 liens qui suivent



et de "féministes" estampillées